à vrai dire!

Le Malade imaginaire, 1673

Presque tous les hommes meurent de leurs remèdes et non pas de leurs maladies.

« Le Malade imaginaire », dans Œuvres complètes, Molière, éd. Hachette, 1867, vol. 3, acte III, scène III, p. 426 (texte intégral sur Wikisource)


Monsieur Purgon : Et je veux qu’avant qu’il soit quatre jours, vous deveniez dans un état incurable.
Argan : Ah ! miséricorde !
Monsieur Purgon : Que vous tombiez dans la bradypepsie.
Argan : Monsieur Purgon !
Monsieur Purgon : De la bradypepsie dans la dyspepsie.
Argan : Monsieur Purgon !
Monsieur Purgon : De la dyspepsie dans l’apepsie.
Argan : Monsieur Purgon !
Monsieur Purgon : De l’apepsie dans la lienterie.
Argan : Monsieur Purgon !
Monsieur Purgon : De la lienterie dans la dysenterie.
Argan : Monsieur Purgon !
Monsieur Purgon : De la dysenterie dans l’hydropisie.
Argan : Monsieur Purgon !
Monsieur Purgon : Et de l’hydropisie dans la privation de la vie, où vous aura conduit votre folie.

« Le Malade imaginaire », dans Œuvres complètes, Molière, éd. Garnier frères, 1965, vol. 2, acte III, scène V, p. 831 (texte intégral sur Wikisource)

http://fr.wikiquote.org/wiki/Moli%C3%A8re

Le Paon se plaignant à Junon
Fable n° 17

Livre II



Le Paon se plaignait à Junon :
Déesse, disait-il, ce n’est pas sans raison
Que je me plains, que je murmure ;
Le chant dont vous m’avez fait don
Déplaît à toute la Nature :
Au lieu qu’un Rossignol, chétive créature,
Forme des sons aussi doux qu’éclatants ;
Est lui seul l’honneur du Printemps.
Junon répondit en colère :
Oiseau jaloux, et qui devrais te taire,
Est-ce à toi d’envier la voix du Rossignol ?
Toi que l’on voit porter à l’entour de ton col
Un arc-en-ciel nué de cent sortes de soies,
Qui te panades, qui déploies
Une si riche queue, et qui semble à nos yeux
La Boutique d’un Lapidaire ?
Est-il quelque oiseau sous les Cieux
Plus que toi capable de plaire ?
Tout animal n’a pas toutes propriétés ;
Nous vous avons donné diverses qualités,
Les uns ont la grandeur et la force en partage ;
Le Faucon est léger, l’Aigle plein de courage ;
Le Corbeau sert pour le présage ;
La Corneille avertit des malheurs à venir ;
Tous sont contents de leur ramage.
Cesse donc de te plaindre, ou bien, pour te punir,
Je t’ôterai ton plumage.

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